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ATCL Promotion 1958 de Jamhour, à l’ATCL (7)

Cinquantenaire en fleurs

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1. Mon beau navire, ô ma mémoire
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2. Présence joyeuse des filles et fils des membres de la promotion
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3. Entre hier et aujourd'hui
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4. Les visages rayonnaient
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5. Cinquantenaire en fleurs
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6. À la cueillette des souvenirs
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7. Que perdure le rêve

Comme dit la chanson du temps où ils étaient jeunes : ″Ils sont venus, ils sont tous là…″ oui, ils étaient là, tous ou presque tous… il y avait bien quelques absents, de corps mais non d’âme, présents quand même à cette rencontre très importante pour eux…
La promotion avait fêté son cinquantième anniversaire en 2008, puis, en 2013, l’idée était venue à trois de ses membres, Michel Abela, Samir Sarkis et Jean-Pierre Habis, d’organiser une deuxième rencontre, au resto de l’Amiral de l’ATCL, dont Michel Abela est le Directeur Général.
Il y eut une troisième et une quatrième rencontre, puis le 8 février 2014, une cinquième réunion a été également organisée, toujours à l’Amiral de l’ATCL, célébrant le cinquante-sixième anniversaire de la promotion.
Sur le programme du dîner, figurait cette plaisante phrase : ″50 ans plus tard + 6 (TVA) ″. Au verso du programme, il y avait un texte bouleversant dans sa simplicité d’Antoine Messarra, sur ″La dernière leçon du Père Jacques Bonnet-Eymard″. La réflexion commence ainsi : ″C’était banal, mais aussi extraordinaire″. Au cours de sa réflexion, l’ancien élève du Père Bonnet-Eymard démêle le banal de l’extraordinaire : ″Ce qu’il nous a dit, ce que nous lui avons dit, cela importe peu. L’extraordinaire, c’est sa table de travail…″ La dernière phrase du commentaire est la suivante : ″La foi, le travail, la vie sans fin. C’est la table du Père Jacques Bonnet-Eymard, dans sa modeste chambre de soi-disant retraité à Tanaïl. ″
La soirée était animée par Graziella, la chanteuse bien connue qui a interprété des tubes d’hier et d’aujourd’hui, vivement applaudie par l’auditoire. Il y avait également une autre belle voix, celle de Samar Salamé dont le père, Habib Salamé, est un membre de la promotion. Une vidéo a été projetée, montrant aux spectateurs et auditeurs Samar chantant, de sa voix d’or, un succès d’opéra.
Dr Rafic Saadé a fait une déclamation de poèmes très réussie.
Le menu était très soigné : ″Duo de saumon fumé et mariné″etc. Le bar était ouvert et le vin coulait à satiété.
Cependant, les invités ne se sont pas contentés de bien manger et de bien boire, comme aussi de bien applaudir. Ils ont dansé et dansé, la piste n’a pas désempli jusqu’à la fin de la soirée, aux environs de minuit. En partant, chacun d’eux a emporté avec lui, 1 kilo de mélasse, cadeau de gourmets, pour se rappeler, sans doute, le goût sucré de la soirée.

″Ils reviennent de très loin″
Très attachante, cette promotion dont la devise est : ″Mieux vaut Cinquanthuitard que jamais″.
« Les voilà surgir du brouillard
Ils reviennent de très loin
Du fin fond de la mémoire… »
C’est le début d’un texte poétique émouvant, malheureusement non signé, paru dans la revue de la promotion, publiée en 2008.
D’autres pages de cette revue, signés par les écoliers de jadis, devenus de fins lettrés, collège de Notre-Dame de Jamhour oblige, sont d’une valeur littéraire et humaine incontestable. Avec quel amour, avec quelle gratitude, ils évoquent leurs professeurs d’antan !
″Le plus important chez Boutros Dib, écrivait Antoine Messarra, ce n’est pas ce qu’il enseigne, mais ce qu’il est…Devant lui, j’étais rempli du sentiment de ma haute dignité. J’avais honte de moi quand je ne connaissais pas ma leçon. Etre en sa présence est un appel au dépassement. C’est le summum de l’art d’enseigner. ″
″Ses cours de Lettres, commentait Charles Abou Chacra, évoquant le P. Jean Pérouse, c’était un film de cinéma sans écran ; il se déroulait dans notre âme comme un film intérieur, avec sa voix pour unique Dolby Digital Surround. Le sujet de cette super production ? Tout le vécu humain…″
Voici le beau poème, presqu’un sonnet, composé par l’élève Abou Chacra ″quand Pérouse quitta Jamhour subrepticement en 1961, rappelé en France, où la Compagnie de Jésus avait besoin de professeur diplômé″ :
Plaintes dans la galerie des Fontaines
Pleurez, pleurez, fontaines
Tant de pleurs vous versez
En vain sur ce passé
Que rien ne nous ramène !

C’est plus d’une semaine
Que vous ne tarissez.
N’y a-t-il pas assez
Pour que vite, il revienne ?

Encor, passant par là
Où son ombre glissa
Fugitive, pressée

On entend ta douleur
Douce et lente, ma sœur
Tulipe renversée ! ″

La joie de vivre, au rendez-vous
Le texte de Michel Abela, bien ancré dans le présent, se retourne avec humour, vers le passé :
″C’est comme cela qu’on se retrouve à la retraite…
Quand les années s’additionnent ! fait-il remarquer. ″
″Le coin de la rue est deux fois
plus loin qu’auparavant !... ″
″Et d’un autre côté, poursuit-il, avec cette inaltérable bonne humeur qui le caractérise, signe évident de sa joie de vivre, les gens de mon âge sont bien plus vieux que moi.
L’autre jour je suis tombé sur
Une vieille connaissance ; elle avait
tellement vieilli qu’elle ne me reconnaissait pas ! ″
Et de conclure, toujours sur la même lancée :
″Je réfléchissais à tout cela en
faisant ma toilette ce matin.
Ils ne font plus d’aussi bons miroirs
qu’il y a 50 ans…″
Pèlerinage
Une vibrante prière est adressée à Marie, Notre-Dame de Jamhour :
″Aujourd’hui, c’est surtout un pèlerinage aux pieds de Notre-Dame de Jamhour.
Nous revenons vers elle, le cœur lourd et saccagé par les rafales du temps, meurtri aux écueils de la vie. Nous le tenons à la main. C’est tout ce que nous avons. C’est tout ce que nous sommes.
Notre Dame, nous venons te l’offrir pour cinquante ans d’amour, le seul amour qui ne connaît pas de rides.
Ce bouquet de nos mains d’hommes n’a rien perdu du parfum de notre innocence première.
Nous voilà de petits enfants dans le sein de leur mère. ″
″Ce numéro spécial se module comme un chant, lit-on, sur l’avant-dernière page de la revue. Non pas le chant des adieux mais plutôt un Hymne à la joie qui couronne notre parcours…″
″…Pour toi, Jamhour, ce chant du cygne est un chant d’amour…″
″…Le génie, s’il en est, plutôt que de créer ce qui n’est pas, c’est de recréer ce qui n’est plus.
Ce chant, alors, est un défi.
Nous jetterons l’ancre du passé dans ce jour revalorisé de notre cinquantenaire pour regagner notre propre histoire. ″
Quand je vous disais que la promotion 1958 de Jamhour est attachante !
Maguy Nasr